العمارة والبناء
Collection : Villes et espaces urbains
L'Architecture et la construction
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L’administration coloniale exerce un important contrôle sur les formes architecturales, grâce à des cahiers des charges dont les règles sont définies selon les quartiers des différentes villes. Elle établit l’obligation d’un permis de construire, avec plans et dessins de façade, soumis au contrôle de ses services. Et une fois la construction achevée, l’administration veille à la conformité de la réalisation avec le projet qui lui a été soumis.
L’administration exerce son contrôle avec plus de zèle dans les quartiers centraux et de standing, ceux réservés à l’habitation et au commerce et ceux de résidence. Dans les quartiers périphériques, les édifices construits sont généralement de plus simple facture. Mais c’est le long des artères principales et autour des places administratives, là où doit s’exprimer le pouvoir colonial, que le contrôle est le plus strict. À Casablanca, le Résident Lyautey recommande aux architectes du Protectorat qui ont en charge de la construction des édifices publics de s’inspirer des grandes ordonnances architecturales françaises des XVIIe et XVIIIe siècles. Son modèle ? Les places royales Vendôme et Concorde, la rue de Rivoli, ou encore Versailles et Nancy. Lyautey désire que les édifices publics s’élèvent autour d’une vaste place soumise à ordonnance architecturale, notamment à servitude d’arcades. À Rabat, le programme est plus ambitieux, adapté au nouveau statut de la cité, puisque c’est la capitale politique. Près du Palais du Sultan est créé un secteur dédié aux services administratifs relié à la médina par une large avenue semi-administrative. Si Lyautey récuse le style Jonnart qui a vu fleurir en Algérie les pastiches arabo-andalous, il se dit favorable à une écriture architecturale qui intègre les savoir-faire artisanaux marocains, renouvelés sous la houlette de Prosper Ricard au sein de l’Office des Industries d’Arts indigènes. Afin d’épauler les artisans marocains – car leur donner du travail doit éviter qu’ils ne se rebellent contre le protectorat au sein de leurs puissantes corporations – les services publics sont décorés de stucs et de zelliges. Les motifs sont inspirés par le patrimoine local mais largement réinterprétés. Albert Laprade à Rabat ou Jacques Marmey dans la médina de Fès, sont les représentants de cette architecture néo-mauresque, tout comme Auguste Cadet et Edmond Brion, avec la construction de la nouvelle médina de Casablanca.
Bien sûr, on ne construit pas tout à fait de la même manière dans les différentes villes nouvelles. Casablanca regroupe l’essentiel des capitaux et fait venir à elle les meilleurs architectes, qui sont plus volontiers à l’avant-garde. Rabat, capitale politique, voit s’élever des édifices publics en nombre qui donne le la à la construction privée. Tandis que dans les villes secondaires, beaucoup de maîtres d’œuvre exercent sans diplôme et avec une clientèle moins fortunée. Parfois, les propriétaires proposent eux-mêmes de dessiner les projets de leur maison, une pratique alors courante dans les colonies comme en métropole.
Bien sûr, au cours des décennies que dure le protectorat, les modes se succèdent. Le style Beaux-Arts des premières années fait place à l’Art déco. Puis, dans les années 1940, à Casablanca, le style streamline est en vogue.
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